Un vent froid et vif parcourt les rues de Da'an, un village juste à la sortie de la ville de Tianjin. Ce qui n’empêche nullement les villageois de faire la file devant le bureau local du Parti communiste. Car aujourd’hui ont lieu les élections triennales censées désigner le maire et ses deux adjoints.
Li Quanhui est un ouvrier de 21 ans. Il n’est que 8 heures du matin, mais il est déjà sur place. « Je suis très heureux aujourd’hui de pouvoir voter pour les gens qui serviront au mieux nos intérêts », dit-il.
Cela fait des décennies déjà que la Chine connaît des élections au niveau villageois. Ces dix dernières années, la quasi-totalité des habitants des 600.000 villages que compte le pays y ont participé. Les citadins, eux, n’ont pas d’élections directes. Toutes les fonctions officielles au-dessus du niveau villageois sont désignées de façon indirecte. Mais le Parti communiste exerce un contrôle très strict sur cette procédure.
Les élections dans les villages bénéficient du soutien unanime de la population. Can Rongxi, le secrétaire local du Parti communiste, explique : « Quand, pour la première fois, nous avons organisé des élections dans notre village, quelques électeurs à peine se sont présentés. Mais, d’élection en élection, cela s’est amélioré. Aujourd’hui, c’est la quatrième fois que nous organisons des élections et nous pensons qu’entre 80 et 90 pour cent des personnes qui ont le droit de vote se présenteront aujourd’hui aux urnes. »
Ce qui se passe, ici, à Da'an, est un signe de la participation sans cesse croissante des villageois aux élections. L’an dernier, 450 millions de votes avaient été exprimés.
L’article ci-dessus est la traduction d’un article paru le 21 avril 2009 dans l’hebdomadaire Time.