A la fin de cette année, en Chine tous les enfants des migrants internes auront droit à la gratuité de l’enseignement. Il s’agit d’une nouvelle mesure gouvernementale visant à débarrasser les migrants de leur statut de citoyens de second rang.
La Chine compte 140 millions de migrants internes, c’est-à-dire des personnes qui ont quitté leurs campagnes pour se rendre dans les villes et leur voisinage pour travailler dans l’industrie et le secteur des services. Mais, en Chine, existe toujours le système du hukou : l’obligation d’habiter dans le village ou la ville où l’on est inscrit. Ceux qui vont habiter ailleurs perdent le droit à toutes sortes d’avantages sociaux. Les migrants n’ont pas accès au marché du logement – officiellement, ils ne peuvent même pas louer d’appartement ou d’habitation. Souvent, ils ne peuvent bénéficier non plus de l’enseignement en ville, pas plus qu’ils ne bénéficient des subsides et des avantages fiscaux auxquels ont droit les habitants d’origine. Ce qui fait que les migrants sont toujours considérés comme des citoyens de second rang. Le gouvernement a l’intention de remédier à cette situation.
À Shenzhen, où vivent 12 millions de migrants, ils reçoivent un permis de séjour qui leur confère autant de droits que les habitants d’origine. Progressivement, ce système gagne tout le pays.
Une nouvelle étape réside dans l’octroi aux enfants de migrants des mêmes droits à l’enseignement. Le ministre de l’Enseignement a déclaré que, fin 2008, tous les enfants de migrants devaient disposer des mêmes droits que les enfants originaires de la ville. Pour ce faire le gouvernement a libéré un budget. Jusqu’à présent, les écoliers recevaient des allocations calculées sur base du nombre d’enfants citadins inscrits. Désormais, le calcul des allocations se fera sur base de tous les enfants inscrits. Dans la pratique, cela veut dire que, désormais, les écoles recevront des fonds leur permettant de délivrer un enseignement gratuit à tous les enfants. Cela vaut pour les enfants de 6 à 15 ans. La scolarité obligatoire scolaire porte sur 6 années de cours primaires et 3 années d’enseignement moyen inférieur.
Jusqu’à présent, certaines villes refusaient ces enfants de migrants ; d’autres les acceptaient, mais ne disposaient pas de deniers publics à leur consacrer. Shijiazhuang a été le premier district à accepter tous les enfants voici quatre ans. Mais, du fait que les écoles ne recevaient pas de subsides pour les enfants de migrants, on y voyait fréquemment des classes de 50, voire 60 élèves. Cette situation va changer rapidement.
L’an dernier, 7,6 millions d’enfants de migrants ont été concernés par la scolarité obligatoire : les enfants de 6 à 15 ans dont les deux parents sont des migrants et qui ne sont pas restés dans leur village d’origine auprès de leurs grands-parents ou d’autres membres de leur famille. La plupart habitaient dans les régions de loin les plus développées de la Chine : les villes de Beijing et de Shanghai, et les provinces de Zhejiang et de Guangdong.
Source : China Daily, 27 août 2008